Consultations 2021 sur l’assurance-chômage : un semblant de démocratie pour justifier l’inaction

7 octobre 2021 (Montréal) –  C’est demain que se terminera la première phase des consultations organisées par le gouvernement fédéral sur la réforme du régime d’assurance-chômage. Le MASSE déplore que ces consultations aient lieu au prix d’un nouveau report de cette réforme vitale pour les chômeur.se.s et estime que l’exercice lui-même est problématique sur plusieurs points. 

Le 19 avril dernier, le gouvernement déposait son budget où il s’engageait à débourser cinq millions de dollars sur deux ans pour mettre en place un processus consultatif en vue d’une réforme éventuelle du régime d’assurance-chômage. Le 9 août 2021, le gouvernement créait un sondage en ligne invitant ainsi les citoyen.ne.s et organismes à « partager leurs idées pour moderniser le régime »

La formule proposée par le gouvernement est révélatrice du bris du dialogue qui a cours depuis les dernières années entre le ministère responsable du dossier de l’assurance-chômage et les groupes de travailleur.se.s et de chômeur.se.s qui et ce n’est pas faute d’avoir essayé ! peinent à se faire entendre directement par la ministre Carla Qualtrough. 

« L’exercice auquel nous convie le gouvernement ne fait qu’augmenter le cynisme à l’endroit de nos institutions, et avec raison. Non seulement il n’y a pas de place pour des échanges véritables, mais la nature même du sondage complique le suivi des opinions formulées et leur prise en considération dans la décision finale. Enfin, il y a lieu de questionner la légitimité du processus en cours au regard des nombreuses questions tendancieuses présentent dans le sondage et de l’absence complète de critères visant à assurer une participation large et représentative de la population ». Samuell Beaudoin, responsable à la coordination du MASSE.  

Enfin, au regard des lacunes importantes de la formule proposée par le gouvernement, le MASSE s’interroge sur l’écoute dont bénéficieront réellement les groupes de travailleur.es.s et de chômeur.se.s lors de la deuxième phase des consultations prévue cet automne. 

« Le gouvernement continue de cultiver un flou autour de cette deuxième phase. Les groupes de travailleur.se.s et de chômeur.se.s auront-ils l’occasion de faire entendre leur voix dans un processus impartial où les termes ne les désavantagent pas déjà à l’avance ? Enfin, les mêmes groupes qui déposent des mémoires et recommandations à chaque année déposeront les mêmes critiques et les mêmes revendications. Que pouvons-nous attendre de différent à l’issue de ce processus ? Le gouvernement n’a-t-il pas pris connaissance du rapport du comité Huma relatant les consultations organisées au printemps 2021 ? ». Samuell Beaudoin.  

Pour le MASSE, une chose est certaine : la mise en place d’un régime d’assurance-chômage accessible, juste, universel et non discriminatoire ne peut plus faire l’objet d’un éternel débat. 

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Pour plus d’informations :

Samuell Beaudoin, responsable à la coordination du MASSE

(514) 524-2226 – masse@lemasse.org

Les vœux pieux ne suffisent plus : l’assurance-chômage doit s’adapter à la réalité de tou.te.s les travailleur.se.s. 

21 septembre 2021 (Montréal) – Le 20 septembre dernier, les canadien.ne.s ont décidé d’élire un gouvernement libéral minoritaire et de donner leur confiance à Justin Trudeau pour un troisième mandat consécutif. Pour l’occasion, le MASSE souhaite rappeler au gouvernement réélu que cette confiance ne peut être tenue pour acquise et que les travailleur.se.s ne se satisferont plus de vœux pieux annoncés en grandes pompes. 

« Alors que le gouvernement libéral multiplie les annonces visant à afficher son progressisme et sa solidarité envers les travailleur.se.s qui perdent leur emploi, nous rappelant la responsabilité indéniable de l’État en matière d’assurance-chômage, il multiplie paradoxalement les excuses pour repousser indéfiniment la réforme en profondeur et permanente du régime. À cet égard, la plateforme libérale est exemplaire. Mais cette stratégie a fait son temps, surtout après 6 ans au pouvoir … », rapporte Samuell  Beaudoin, responsable à la coordination du MASSE. 

Dans sa plateforme électorale, le parti libéral promet de créer une nouvelle prestation pour les travailleur.se.s autonomes et à la demande qui offrirait jusqu’à 26 semaines d’assistance pour un maximum de 15 500 $ dès janvier 2023. Les travailleur.se.s salarié.e.s, qui représentent somme toute 90% de la population active devront, quant-à-eux, se satisfaire d’une énième consultation et d’une refonte complète du système informatique de Service Canada avant de voir (peut-être) leur sort s’améliorer. 

« Non seulement la proposition du parti libéral comporte plusieurs problèmes, mais c’est se mettre des œillères que de penser que la modernisation du régime d’assurance-chômage se limite à la question de l’admissibilité des travailleur.se.s autonomes et à la demande. Le problème de l’admissibilité des travailleur.se.s «faussement autonomes» mérite d’être traitée avec le plus grand sérieux, certes, mais il ne faudrait pas que cela serve à faire un écran de fumée sur les questions de fond qui touchent la majorité des travailleur.se.s. Un régime d’assurance-chômage « digne du 21e siècle » doit aussi et surtout s’adapter à la réalité des femmes sur le marché du travail, à la situation particulière des travailleur.se.s de l’industrie saisonnière, des travailleur.se.s à temps partiel et des personnes malades. » Samuell Beaudoin, responsable à la coordination du MASSE.

Si donc la dernière année fut celle de la reconnaissance des lacunes du régime d’assurance-chômage, le 3e mandat du gouvernement Trudeau devra être celui de l’action et de la mise en place, permanente, d’un régime d’assurance-chômage accessible, juste, universel et non discriminatoire.

À cet effet, des solutions existent. En voici quelques-unes :

1 – Établir un seuil d’admissibilité de 350 heure ou 13 semaines ;

2 – 35 semaines minimum de prestation ;

3 – Un taux d’indemnisation de 70 % ;

4 –  Abolition des exclusions totales en cas de départ volontaire ou inconduite ;

5 – Protection en cas de chômage sans égards aux prestations maternité, paternité ou parental versé ;

6 – Prolongement à 50 le nombre maximal de semaines de prestations maladie.

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Pour plus d’informations, contactez Samuell Beaudoin, responsable à la coordination Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE)

(514) 524-2226 ou à coordination@lemasse.org

L’amélioration du sort des travailleuses et travailleurs ne peut pas attendre

(1er mai 2021) Depuis un peu plus d’un siècle, travailleuses et travailleurs commémorent, à l’occasion du 1er mai, les luttes ouvrières actuelles et passées pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de leurs conditions de vie. 

Pour une deuxième année consécutive, la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs se déroule sur fond de crise sociale, économique et sanitaire. 

Alors que nos gouvernements font miroiter une « sortie de crise » et une relance économique « résiliente et inclusive », ils nous informent, à coup de loi spéciale et de « modernisation » du régime de santé et sécurité au travail, que la relance économique se fera obligatoirement au détriment des travailleuses et travailleurs.

L’écart décevant entre les promesses gouvernementales et la réalité a été à nouveau confirmée avec le dépôt du dernier budget fédéral le 19 avril dernier. Ratant une occasion sans précédent, le gouvernement libéral échoue à amorcer une transformation en profondeur d’un modèle économique désuet et non viable pour les travailleuses et travailleurs. 

Alors que Justin Trudeau martèle qu’il entend gouverner en faveur « de la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour en faire partie », ce dernier abdique à nouveau devant toute initiative sérieuse visant à éliminer l’évasion fiscale et à taxer équitablement les grandes fortunes. 

Résultat, il semblerait que la réforme permanente du régime d’assurance-chômage devra être remise à plus tard. Devant des problèmes persistants, le gouvernement offre des solutions temporaires et justifie son absence de plan d’ensemble sous le couvert de nouvelles consultations à venir. Pendant ce temps, on demande aux travailleuses et travailleurs en situation de chômage de prendre leur mal en patience.

En cette journée internationale des travailleuses et travailleurs, rappelons à nos gouvernements que nous n’attendrons pas davantage. Les travailleuses et travailleurs n’abdiqueront pas devant les reculs des droits des personnes accidentées, devant l’exploitation des travailleur.se.s au statut migratoire précaire et les loyers qui explosent, devant des conditions de travail qui rendent malade et une hausse insultante du salaire minimum, mais surtout devant ce régime d’assurance-chômage qui peine à offrir une protection juste et équitable aux travailleuses et travailleurs qui perdent leur emploi.

Lutte toujours!

 

Budget 2021-2022 : Un sursis pour les sans-emploi

19 avril (Montréal) Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) salue les investissements à l’assurance-chômage annoncés dans le dernier budget fédéral.  Ces annonces constituent une bonne nouvelle pour les travailleur.se.s à temps partiel, pour les travailleur.se.s de l’industrie saisonnière ainsi que pour les travailleur.se.s malades.

Tout d’abord, l’établissement d’un seuil d’admissibilité universel à 420 heures est un pas dans la bonne direction et facilitera l’accès à une protection en cas de chômage à bon nombre de travailleur.se.s précaires sans référence arbitraire aux taux de chômage de la région habitée. Bien que cette mesure favorise directement l’accès aux prestations d’assurance-chômage pour bien des gens, la durée des semaines de prestations, elle, est toujours tributaire du taux de chômage régional et du nombre d’heures travaillées. 

Pour le MASSE, le régime d’assurance-chômage continue donc à précariser les travailleur.se.s déjà précaires, en majorité des femmes. « La situation des travailleuses à temps partiel qui doivent travailler plus de semaines pour obtenir le même nombre d’heures et la même protection que les personnes à temps plein n’est toujours pas prise en compte.  Les iniquités entre les genres en fonction du statut d’emploi au sein du régime d’assurance-chômage sont bien documentées et le MASSE compte bien continuer de dénoncer  le caractère discriminatoire du régime envers les femmes qui, notons-le, ont été davantage touchées par la pandémie » affirme Kim Bouchard, présidente du MASSE

Par ailleurs, l’augmentation des prestations maladies, qui passent de 15 à 26 semaines, fait sans conteste partie des éléments louables de ce budget et ce, tant et aussi longtemps qu’il n’affecte pas l’accès et la qualité des prestations régulières d’assurance-chômage. Le MASSE juge toutefois qu’un nombre minimal de 50 semaines serait nécessaire pour assurer aux personnes atteintes d’une maladie grave une protection juste et adéquate. 

Le MASSE accueille aussi favorablement la prolongation des programmes d’aide temporaire et le renouvellement du projet pilote de cinq semaines supplémentaires pour les salarié.es de l’industrie saisonnière. Le MASSE croit néanmoins qu’une protection supplémentaire de 15 semaines devrait être accordée aux chômeur.se.s qui occupaient un emploi saisonnier en attendant qu’un plancher minimum de 35 semaines de prestations soit établi. 

Si les mesures annoncées dans le budget doivent être applaudies, on est cependant bien loin de la réforme en profondeur annoncée par le gouvernement Trudeau à l’automne 2020. Il est important de rappeler que l’accès au régime d’assurance-chômage a été considérablement réduit au cours des dernières décennies et il faut évaluer les mesures contenues dans ce budget à l’aune de ce contexte : celles-ci constituent l’amorce, et non l’achèvement, d’un rattrapage qui devra se montrer beaucoup plus ambitieux si le gouvernement est sérieux dans sa volonté d’adapter le régime à la réalité du 21e siècle.

Bien que des sommes soient prévues pour mener des consultations en vue d’une réforme permanente du régime, nous déplorons qu’elles aient lieu au prix d’un nouveau report de cette réforme dont la nécessité a été maintes fois prouvée aux cours des dernières années. 

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 15 groupes de défense de droits au Québec et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec. Le MASSE milite depuis plus de vingt ans pour un régime d’assurance-chômage accessible, juste, universelle et non-discriminatoire.

 

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Pour plus d’informations : 

Kim Bouchard, Présidente du MASSE (514) 524-2226

Combattre les préjugés à l’égard des chômeur.se.s. Un nouvel outil maintenant disponible !

8 avril 2021 – Dans le cadre de la campagne « Améliorer notre sort, c’est vital. Une réforme du régime d’assurance-chômage s’impose », le MASSE souhaitait fournir aux travailleur.se.s en situation de chômage des outils pour combattre les préjugés à leur égard.

Le MASSE met également à la disposition des organismes intéressés différents outils d’animation qui visent à faciliter la tenue d’ateliers portant sur le régime d’assurance-chômage existant, les luttes en cours et la démystification des différents préjugés qui touchent le chômage.

Pour plus d’informations, contactez le masse@lemasse.org. Cessons de faire porter le fardeau du chômage aux chômeur.se.s et exigeons la mise en place, une fois pour toute, d’un régime d’assurance-chômage accessible, juste, universel et non-discriminatoire.

Petit Guide d’autodéfense contre les préjugés à l’égard des chômeur.se.s

Document à remettre aux participant.e.s de l’atelier

 

Guide d’animation contre les préjugés

Document à utiliser de manière complémentaire avec le Power Point.

Version abrégée – Guide d’animation contre les préjugés

 

Powerpoint.Combattre les préjugés (MASSE)

Document à utiliser de manière complémentaire avec le guide d’animation.

v.abrégée – Combattre les préjugés (MASSE)

 

Guide d’animation – annexes

Lancement de la campagne « Améliorer notre sort, c’est vital. Une réforme de l’assurance-chômage s’impose ! ».

29 octobre 2020 – En cette semaine nationale des chômeur.se.s, le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) lance la campagne « Améliorer notre sort, c’est vital. Une réforme de l’assurance-chômage s’impose !» et tient à souligner sa solidarité à l’endroit de tou.te.s les chômeur.se.s qui, jours après jours, doivent composer avec les différents préjugés dont ils et elles sont victimes. 

Le MASSE milite depuis plus de 20 ans afin d’améliorer l’accessibilité au régime d’assurance-chômage et pour faire valoir, auprès des élu.e.s fédéraux et de la population, la nécessité d’apporter des modifications majeures et surtout permanentes au régime d’assurance-chômage. 

« Le combat que l’on mène depuis toutes ces années, et que l’on poursuit aujourd’hui avec le lancement de notre campagne, ce n’est pas juste une question de principe sur les orientations idéologiques que décide de prendre l’État canadien. Ultimement, c’est une question de vie et de survie pour toutes les personnes qui se retrouvent et qui se retrouveront en situation de chômage au pays »,  affirme Kim Bouchard, avocate et présidente du MASSE.  

S’il faut tirer une leçon de cette pandémie, c’est que personne n’est à l’abri d’une perte d’emploi. Cessons donc de faire porter aux chômeur.se.s la responsabilité de leur situation. Se donner un régime d’assurance-chômage juste et universel, c’est se prémunir collectivement contre les crises chroniques inhérentes à notre système économique ; c’est améliorer notre sort à tous et à toutes. 

Le MASSE tient à rappeler que le Canada est l’un des seul pays de l’OCDE à avoir été obligé de mettre en place des programmes complètement distincts, à savoir la PCU et la PCRE, pour venir en aide aux chômeur.se.s de la Covid-19. Ces programmes demeurent néanmoins temporaires et ne suffiront pas à mettre fin aux diverses injustices du régime d’assurance-chômage. 

Selon Sylvain Lafrenière, coordonnateur du MASSE, « il est inadmissible qu’une personne qui ait cotisé toute sa vie au régime d’assurance chômage ne puisse se qualifier aux prestations lorsqu’elle perd son emploi. Et que dire du fait que, même lorsqu’une personne parvient à se qualifier aux prestations, celle-ci ne reçoit que 55% de son salaire? Ça n’a pas toujours été comme ça, ça n’a pas besoin d’être comme ça »

En effet, il fut un temps où un.e. travailleur.se pouvait se qualifier aux prestations avec seulement 8 semaines de travail  et pouvait recevoir des prestations d’un montant allant de 66% à 75% de son salaire. Durant la décennie 1970, 96 % de la population active était couverte par le régime ; aujourd’hui, seulement 42% des chômeur.se.s peuvent se qualifier au aux prestations régulières d’assurance-chômage. 

« En demandant que les travailleur.se.s puissent se qualifier avec 350 heures ou 13 semaines de travail,  en exigeant que les chômeur.se.s perçoivent des prestations à hauteur de 70% de leur salaire pendant un minimum de 35 semaines, nous désirons lancer un message clair au gouvernement : améliorer notre sort c’est non-seulement vital, mais c’est également possible», explique Sylvain Lafrenière. 

La pauvreté, l’insécurité et la précarité n’ont pas à être des fatalités. Les travailleur.se.s ont le droit de réclamer une qualité de vie décente en cas de perte d’emploi, en temps de pandémie comme en temps « normal ».  

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Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 15 groupes de défense de droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec.

Pour plus d’informations : 

Sylvains Lafrenière, coordonnateur du MASSE, (514) 524-2226 ou lemasse@videotron.ca

 

Assurance-emploi bonifiée : les chômeur.se.s rassuré.e.s, mais pour combien de temps ? 

(Montréal) 27 septembre 2020 – À compter d’aujourd’hui, près de trois millions de prestataires de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) seront redirigé.e.s vers un système d’assurance-emploi bonifié dont l’accès a été temporairement élargi afin d’accueillir les nouveaux.elles chômeur.se.s de la Covid-19.

Les améliorations apportées au régime d’assurance-chômage constituent une avancée importante en matière de reconnaissance des droits des chômeur.se.s. En effet, les prestations d’assurance-emploi seront accessibles après seulement 120 heures travaillées, quel que soit le taux de chômage dans la région habitée. Les chômeur.se.s pourront également recevoir un minimum de 500 dollars par semaine, pendant un minimum de 26 semaines.

Le MASSE tient à rappeler que sans ces améliorations, deux millions de prestataires de la PCU – dont 400 000 Québécois.e.s se seraient aujourd’hui retrouvé.e.s sans revenu, alors que 750 000 autres auraient vu leurs revenus diminuer de manière considérable

C’est dire que le gouvernement n’a pas bonifié temporairement le régime parce qu’il est trop généreux, mais parce qu’il existe de profondes lacunes au régime d’assurance-emploi existant qui doit, plus que jamais, être réformé. 

Des mesures temporaires 

Le MASSE rappelle que ces assouplissements des critères d’admissibilité, bien qu’ils soient un pas dans la bonne direction, suspendent seulement temporairement les multiples injustices du régime d’assurance-chômage.

« Les problèmes sont connus depuis longtemps. Il faut que le gouvernement cesse de mettre en place des mesures temporaires et entame dès maintenant, en collaboration avec les différent.e.s acteur.trice.s du milieu, un travail visant à réformer de manière permanente le régime », affirme Sylvain Lafrenière, coordonnateur du MASSE. 

« Quand est-ce que le gouvernement décidera de s’attaquer sérieusement au problème du trou noir vécu par les travailleur.se.s de l’industrie saisonnière, de mettre un terme à la discrimination injustifée du régime à l’égard des femmes et de contrer la faible accessibilité des travailleur.se.s. à temps partiels aux prestations d’assurance-chômage ? »,  demande Kim Bouchard, présidente du MASSE. 

Lorsque le gouvernement fédéral annonce ses intentions d’adapter le régime d’assurance-emploi à la réalité du 21e siècle, et ce, sans apporter davantage d’éclaircissements sur la manière dont il s’y prendra, il ne fait qu’alimenter le climat d’incertitude auquel sont déjà confrontés depuis plusieurs mois des millions de chômeur.se.s.

« Cette inquiétude est actuellement extrêmement palpable chez les prestataires de la PCU qui ne remplissent pas les critères d’admissibilité de l’assurance-emploi et qui ne savent toujours pas quand le projet de loi C-2, qui permettra d’instaurer les prestations pour le relance économique (PCRE), sera adopté », explique Sylvain Lafrenière. 

Participe de cette inquiétude les nombreuses zones grises concernant le remboursement des sommes payées en trop, le manque d’informations claires quant aux démarches à suivre pour déposer une demande, sans parler des délais qui seront occasionnés par le traitement des renseignements supplémentaires que devront fournir les chômeur.se.s pour percevoir les prestations.

Mettons fin aux confusions et à l’insécurité généralisée. Dotons-nous, une fois pour toute, d’un régime d’assurance-chômage juste et universel.

 Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 15 groupes de défense de droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec.

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Sylvains Lafrenière, coordonnateur du MASSE, (514) 524-2226

 

Nouveau projet de loi concernant la PCU : des sanctions dérisoires

Montréal, mercredi 10 juin 2020 – Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) dénonce la volte-face du gouvernement Trudeau qui, à la lumière du projet de loi qui devrait être déposé aujourd’hui, semble avoir cédé à la campagne de peur voulant identifier les prestataires de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) à de potentiel-le-s « fraudeur-se-s » et « paresseux-ses »

Selon une ébauche de la pièce législative, Ottawa souhaiterait imposer des amendes allant jusqu’à 5000 dollars ainsi que des peines de prison maximales de six mois à celles et ceux qui auraient reçu la PCU « illégalement ». 

Le MASSE s’explique mal la pertinence de telles pénalités, qu’on justifie en partie par l’existence de cas frauduleux reliés à des vols d’identité, alors qu’il existe déjà au Canada des moyens législatifs pour punir ce type de fraude. (Voir la Loi modifiant le code criminel (vol d’identité et inconduites connexes) L.C.2009 ch. 28). 

Le MASSE s’inquiète également du sort des chômeurs et chômeuses qui, devant les ambiguïtés touchant l’admissibilité à la PCU et les nombreuses confusions issues des montants excédentaires versés, ont fait des erreurs de bonne foi en percevant des sommes auxquelles ils et elles n’avaient finalement pas droit.  

« Monsieur Trudeau a beau tenté de nous rassurer en déclarant que ces personnes ne seront pas pénalisées, affirme Sylvain Lafrenière, coordonnateur du MASSE, notre expérience passée nous invite à nous questionner sérieusement sur la manière dont le personnel administratif sera amené à départager la bonne de la mauvaise foi des prestataires »

Ce projet de loi vise également à resserrer les critères d’admissibilités à la PCU de manière à ce qu’une personne ne puisse plus se qualifier si elle refuse une offre d’emploi « raisonnable » ou si elle ne recommence pas à exercer son emploi alors que son employeur le lui demande.

Force est de constater qu’il existe encore d’importants flous juridiques entourant la détermination des « conditions raisonnables » du retour au travail ; par l’instauration de mesures d’exclusion si draconiennes, le gouvernement place les travailleur-se-s à la merci de certains employeurs impatients de « repartir la machine » sans égard aux conditions de travail.

Il serait à tout le moins essentiel que le nouveau projet de loi soit doté de dispositions semblables à celles présentes dans la Loi sur l’assurance-emploi qui prévoit, sous certaines conditions, l’admissibilité aux prestations en cas de départ volontaire.

Le MASSE invite également le gouvernement et les partis d’opposition à mettre leurs énergies sur des pistes de solutions pour prolonger la PCU alors que le nombre de personnes sans-emploi atteint des sommets et que la reprise économique est loin d’être solidement ancrée dans plusieurs secteurs.

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 14 groupes de défense des droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec.

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Pour plus d’informations :

Sylvains Lafrenière, coordonnateur du MASSE, (514) 524-2226

 

Protégeons les emplois des travailleurs et travailleuses

Montréal, 20 mai 2020 – Plutôt que de précipiter la relance économique, le MASSE demande au gouvernement provincial de lancer un signal clair afin de protéger les emplois des travailleurs et travailleuses qui doivent s’absenter en raison des conséquences de la COVID-19.

Depuis l’arrivée des premières mesures de déconfinement au Québec, les positions divergent au sujet des modalités selon lesquelles le retour au travail devrait être amorcé.

Selon un point de vu patronal largement relayé par les grands médias, toute personne qui a été mis à pied en lien avec la COVID-19 et qui refuse de retourner au travail devrait perdre son emploi ainsi que son droit à la prestation canadienne d’urgence. Voulant rassurer la population, les ministres Qualtrough et Lebouthiller on tant à elles soutenu publiquement que les prestataires pourraient conserver leur droit à la prestation d’urgence même si l’employeur les rappellent au travail. Ces divergences nous rappellent qu’un flou persiste lorsqu’une personne veut conserver son emploi mais refuse d’y retourner temporairement afin de prendre soin d’un proche, d’un enfant ou parce qu’elle craint pour sa santé.

Malheureusement, cette ambiguïté contribue à alimenter les inquiétudes déjà existantes des travailleurs et travailleuses qui, devant l’ouverture partielle des services de garde et des écoles primaires, doivent composer avec une position fort désavantageuse face à certains employeurs impatients de « repartir la machine ». Ces inquiétudes, rappelons-le, sont légitimes et ont été confirmées par votre gouvernement au cours des derniers mois par l’imposition de mesures drastiques de distanciation sociale. Faut-il rappeler aussi que les projections de l’INSPQ laissent présager le pire si un déconfinement trop hâtif a lieu et que Montréal est l’épicentre canadien de la COVID-19 ?

Monsieur Legault, votre gouvernement a maintenant fait le choix de prioriser la santé économique à celle des Québécois.ses. Certes. Mais rien n’empêche cependant votre gouvernement de protéger les emplois des Québécois.ses qui s’absentent de leur travail en raison de la COVID-19 comme l’a fait le gouvernement Trudeau pour les employé.e.s sous juridiction fédérale. En effet, le Code canadien du travail, modifié dans la foulée de la crise, prévoit dorénavant la possibilité de demander un congé allant jusqu’à 16 semaines sans risque de représailles de la part de leur employeur.

Les travailleurs et travailleuses n’ont pas à porter seul.e.s le fardeau des positions contradictoires de votre gouvernement, ni celui de cette crise. Le gouvernement fédéral a démontré qu’il était possible d’offrir une meilleure protection aux travailleurs et de témoigner d’un plus grand respect à l’égard de leur dignité : nous vous demandons de témoigner de ce même respect et de leur donner les moyens légaux de refuser d’effectuer un retour au travail sous n’importe quelle condition.