Une attente insoutenable

Montréal, le 31 mai 2018 – Les groupes en défense collective de droits n’en peuvent plus d’attendre… C’est le constat qu’on fait les membres du Regroupement des organismes de défense collective des droits (RODCD) réunis en assemblée générale la semaine dernière. Les groupes en défense collective des droits n’ont reçu ni augmentation, ni indexation depuis plus de 10 ans. En décembre dernier, dans son Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale, le ministre François Blais annonçait un investissement de 2,2 M $ pour soutenir la mission de ces groupes. Malgré la maigreur de cet investissement, les groupes se disaient « Enfin ! Un peu d’oxygène. ». 7 mois plus tard, ils sont toujours sans nouvelles quant à la répartition de cette somme.
Le RODCD juge l’attitude du ministre inacceptable ! Les groupes en défense collective des droits réclament un investissement supplémentaire de 40M$ pour être en mesure d’accomplir leur mission. En ce sens, l’annonce des 2,2M$ est non seulement très insuffisante pour répondre aux besoins des organismes, parmi les plus pauvres du communautaire, mais cette attente est indécente. C’est à se demander si elle n’est pas volontaire de la part du gouvernement.
Rappelons que les groupes de défense collective des droits travaillent avec les citoyenNEs afin de défendre, de faire reconnaître et appliquer des droits humains aussi fondamentaux que ceux, pour ne citer que quelques exemples, à l’alimentation, au logement, à la sécurité financière, des femmes, des familles, des consommateurs, des ainéEs, des personnes en situation de handicap, de pauvreté, etc. Actuellement, malgré le caractère essentiel de leurs actions à la société québécoise, ils sont trop nombreux à être en situation précaire, voire de survie. Combien d’entre eux fermeront leurs portes temporairement ou mettront leurs employéEs au chômage dans les prochaines semaines par manque de financement?
Malgré tout, le ministre tarde à annoncer la répartition du maigre 2,2 M $ consentis? Pourtant, Monsieur Blais est bel et bien au courant de la réalité des organismes en défense collective des droits. Pour preuve, le Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales (SACAIS), responsable du financement des organismes de défense collective des droits souhaitait une annonce début avril, afin de permettre aux organismes de prévoir et planifier l’utilisation des nouvelles sommes. Par son silence, le ministre ne fait que démontrer son manque de respect flagrant à l’égard des groupes et par conséquent envers les droits de la population !
Le RODCD rassemble 21 regroupements nationaux et représente près de 350 groupes en défense collective des droits partout au Québec : Association des grands-parents du Québec (AGPQ), Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), Association québécoise Plaidoyer-Victimes (AQPV), Collectif pour un Québec sans pauvreté, Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT), Eau Secours, Fédération des femmes du Québec (FFQ), Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ), Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Jeunesse ouvrière chrétienne du Québec (JOC), Ligue des droits et libertés (LDL), Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE), Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ), Mouvement démocratie nouvelle (MDN), Mouvement des travailleurs chrétiens (MTC national), Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTGFQ), Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ), Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), Trajectoire Québec, Union des consommateurs.

Pour information
Robert Théoret, coordonnateur
Regroupement des organismes en défense collective des droits (RODCD)
1691, boulevard Pie-IX, local 405, Montréal (Québec) H1V 2C3
Courriel : rodcdcoordination@yahoo.ca et robert_theoret48@videotron.ca
Téléphone : 514-715-0699
Site Web: www.defensedesdroits.com

Le « trou noir » de l’assurance-emploi : Des mesures de soutien de revenu plutôt obscures!

Montréal, le 30 avril 2018. – À ce jour, les travailleurs et travailleuses de l’industrie saisonnière du Québec souhaitant se prévaloir des mesures d’aide annoncées lors du dernier budget fédéral pour pallier au trou noir, c’est-à-dire à la période où ils ont épuisé l’ensemble de leurs prestations d’assurance-chômage avant que leur travail ait recommencé, se butent à un manque d’information et à des programmes provinciaux inadaptés ou carrément inexistants.

Lors du dépôt du budget, le 27 février dernier, le gouvernement annonçait que « (…) Emploi et Développement social Canada réaffectera un montant de 10 millions de dollars (6,5 millions pour le Québec) à même les ressources ministérielles existantes dans le but d’offrir immédiatement un soutien du revenu et une formation aux travailleurs touchés. Ces mesures contribueront à faire en sorte que les travailleurs en chômage des industries saisonnières du Canada aient accès aux mesures de soutien dont ils auront besoin, quand ils en auront le plus besoin. » (page 64 du budget)

Malgré cette annonce, ce n’est que le 23 mars, que nous apprenions que les gouvernements fédéral et québécois s’étaient enfin entendus afin de mettre en place ces mesures d’aide. Toutefois, plusieurs semaines se sont écoulées avant de savoir en quoi consiste ces mesures, comment en bénéficier et qui pouvait en faire la demande. Notons qu’aucun renseignement n’apparaît sur le site Internet du gouvernement du Québec ou celui de Service Canada expliquant clairement les mesures disponibles pour les chômeurs et chômeuses victimes du trou noir.

Sur le terrain, Gaétan Cousineau, porte-parole du Mouvement action chômage Pabok, rapporte que des chômeurs des Îles-de-la-Madeleine sont allés dans leur Centre local d’emploi (« CLÉ ») pour avoir accès à ces mesures et ils ont appris qu’aucune mesure n’était disponible parce qu’il n’y avait pas assez de personnes inscrites. Pourtant, le gouvernement provincial a promis de venir en aide aux personnes qui viendraient les voir dans leur CLÉ et de leur offrir du soutien financier en attendant que des formations ou mesures soient disponibles.

Pour ce qui est du Bas-St-Laurent, il n’existe actuellement aucun programme de mise en place et on dirige les victimes du trou noir vers l’aide sociale. « Ce n’est pas de l’aide sociale que les gens ont besoin, c’est du soutien financier avant qu’ils recommencent leur emploi. Justin Trudeau s’est fait élire dans l’Est du Canada en promettant de régler le problème du trou noir. Pourtant en 35 ans comme intervenant dans un groupe de chômeurs, je n’ai jamais vu une situation aussi dramatique et selon les travailleurs du Bas St-Laurent, les libéraux les laissent crever! », s’indigne Alain Lagacé, coordonnateur d’Action-chômage Kamouraska.

Selon Véronique Martineau, porte-parole du MASSE, les solutions sont simples, « offrir de l’aide financière d’urgence aux victimes du trou noir, abaisser le seuil d’admissibilité à l’assurance-chômage à 350 heures ou 13 semaines et offrir minimalement 35 semaines de prestations ».

Madame Martineau rappelle au ministre Blais que l’Assemblée nationale du Québec a adopté en novembre dernier une motion unanime demandant au gouvernement fédéral de revoir sa façon de calculer les prestations de l’assurance-emploi afin de mieux répondre aux besoins des travailleurs et travailleuses qui occupent un emploi saisonnier.

« Les victimes du trou noir ont besoin d’argent en ce moment! Des centaines de travailleuses et travailleurs saisonniers se retrouvent sans chèque. Ils ont faim. Ils sont angoissés. Ils se sont endettés pour survivre! C’est un choix idéologique du gouvernement libéral de rendre conditionnel l’obtention d’aide à l’obligation de suivre des formations. Nous avons demandé au gouvernement fédéral de mettre en place des mesures urgentes pour leur venir en aide. Malheureusement, ils ont décidé de pelleter le problème du trou noir aux provinces, tandis qu’ils existaient des solutions à court et moyen terme. », Véronique Martineau, porte-parole du MASSE.

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) est le plus important regroupement d’organismes défendant les droits des chômeurs et chômeuses du Québec. Ses groupes membres militent pour le rétablissement d’un régime d’assurance-chômage juste et universel.

Pour plus d’informations :
Véronique Martineau, porte-parole du MASSE, (514) 524-2226
Gaétan Cousineau, porte-parole du Mouvement action chômage Pabok en Gaspésie, 418-689-2030
Alain Lagacé, coordonateur d’Action-chômage Kamouraska, 418-492-7494