Victoire importante pour les mères privées de protection en cas de chômage !

Ci-dessous, la réaction du Mouvement Action-chômage (MAC) de Montréal à la récente décision du Tribunal de la sécurité sociale suivant le recours mené par l’organisme depuis 2020.

Montréal, le 11 janvier 2022 — Le Mouvement Action-Chômage (MAC) de Montréal et ses allié.es accueillent avec fébrilité la décision rendue par le Tribunal de la sécurité sociale du Canada à l’effet que les dispositions de la Loi sur l’assurance-emploi qui limitent le droit les mères à recevoir des prestations d’assurance-emploi lorsqu’elles perdent leur emploi pendant ou suite à un congé de maternité constituent de la discrimination basée sur le sexe. Cette décision fait suite au recours intenté par six travailleuses représentées par le MAC de Montréal, un groupe de défense des droits des sans-emploi, en collaboration avec le cabinet Trudel Johnston & Lespérance qui agit pro bono dans ce dossier. 

« Dans sa décision, le Tribunal de la sécurité sociale met de l’avant l’importance de l’égalité dans notre société et reconnaît pleinement que les femmes s’appauvrissent en assumant de façon disproportionnée les responsabilités familiales », résume Emmanuelle Brault, vice-présidente de l’organisme. 

Le recours visait à faire déclarer inconstitutionnelles certaines dispositions discriminatoires de la Loi sur l’assurance-emploi et l’omission de prendre en compte les absences au marché du travail liées à la grossesse, à la maternité et aux responsabilités parentales, ce qui pénalise fondamentalement les femmes.  

« Le MAC de Montréal est très heureux de la décision, qui reconnaît la discrimination indirecte subie par les femmes. La Loi sur l’assurance-emploi entraîne des conséquences réelles sur le bien-être et la sécurité économique des femmes. Les femmes n’ont pas à « choisir » de ne pas être enceintes afin d’éviter de perdre des droits ! » a déclaré Mme Brault.

À ce sujet, la décision est claire et reconnaît que : «  parce qu’elles sont des femmes qui ont eu une grossesse, elles ne peuvent pas obtenir les avantages des autres assurés ». De plus, « [s]i une femme perd son emploi pendant son congé de maternité et parental, elle n’a plus de protection. Elle doit donc se fier à ses économies ou au revenu de son conjoint. Cela maintient les femmes dans la pauvreté et dans un lien de dépendance. C’est considérer les revenus des femmes comme un salaire d’appoint qui ne mérite pas la même protection. » 

Rappelons qu’en 2017, le gouvernement Trudeau s’engageait à examiner ses lois et politiques selon l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+). Depuis, ce même gouvernement a activement protégé les nouvelles mères sans emploi grâce aux mesures d’urgence instaurées en réponse à la Covid-19. Toutefois, avec la fin des Prestations canadienne d’urgence et des Prestations canadiennes de relance économique, c’est le retour à la case départ pour ces femmes puisque les dispositions de la Loi sur l’assurance-emploi, elles, demeurent inchangées. 

Des organismes communautaires, féministes et syndicaux, unissent leurs voix pour demander au premier ministre Trudeau de modifier immédiatement la Loi sur l’assurance-emploi de manière à ce que toutes les travailleuses aient droit à une protection en cas de chômage, indépendamment de toute absence au marché du travail liée à la grossesse, à la maternité et aux responsabilités familiales. Cette nouvelle mesure mettrait fin aux effets considérés discriminatoires et sexistes que subissent les femmes dans ce dossier. 

Cette revendication est appuyée par les groupes suivants : 

Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE), Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTRGFQ), Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT), CSD, CSQ, CSN, FTQ, FIQ, APTS, FAE, SFPQ et SPGQ.

 

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Créé en 1970, le Mouvement Action-Chômage de Montréal est le plus ancien groupe de défense des chômeurs et chômeuses au Canada. Il fait partie du Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE).

 

SOURCE: 

 

Mouvement Action-Chômage (MAC) de Montréal

Me Kim Bouchard : 514-755-8839

 

Service Canada : les chômeur.se.s placé.e.s dans l’attente et l’insécurité croissante

16 décembre 2021 (Montréal) Alors que le gouvernement poursuit ses consultations sur l’avenir du régime d’assurance-chômage, les dossiers de milliers de chômeurs et chômeuses sont soumis à d’interminables délais de traitement qui minent le bien-être physique et psychologique des chômeur.se.s à l’approche des fêtes. 

La situation chaotique chez Service Canada ne date pas d’hier, or depuis les derniers mois, les délais pour obtenir des prestations d’assurance-chômage explosent. Des groupes de défenses de droits partout au Québec rapportent que les retards varient en moyenne entre trois et quatre mois. Dans certains cas, des chômeur.se.s attendent une réponse de la Commission depuis sept mois. 

 « C’est du jamais vu. Il est particulièrement difficile pour les chômeur.se.s d’obtenir un suivi de leur dossier actuellement, ou de simplement parler à un.e agent.e. Une règle circule notamment selon laquelle les futurs prestataires doivent appeler entre sept et neuf fois avant que Service Canada ne traite un dossier bloqué. À quoi bon améliorer le régime d’assurance-chômage si l’appareil responsable de l’administrer constitue un obstacle majeur à l’obtention des prestations auxquelles les chômeur.se.s ont droit ?» – Kim Bouchard, avocate et présidente du MASSE.

Pour le MASSE, les explications fournies par le ministère sont insatisfaisantes : en aucun cas les chômeur.se.s devraient payer les frais d’un système dysfonctionnel dont les lacunes ont été pointées du doigt bien avant la crise sanitaire. « Des problèmes administratifs de cette ampleur nécessitent une intervention politique ; la ministre Qualtrough doit impérativement rencontrer les groupes concernés afin de trouver une manière de mettre fin aux abus plutôt que de les justifier ». – Samuell Beaudoin, responsable à la coordination du MASSE.

Les lacunes administratives accentuent la précarité des étudiant.e.s.

Les graves problèmes de communication chez Service Canada continuent d’affecter de nombreux.ses étudiant.e.s à qui on exige de rembourser des sommes considérables après avoir reçu des prestations d’assurance-chômage sans y avoir droit. La mesure annoncée à l’occasion de la mise à jour économique du gouvernement, qui offrirait un allègement de remboursement aux étudiant.e.s ayant perçu la PCU sans y être admissibles, ne répond pas adéquatement au problème.

« Il faut savoir que ce sont les étudiant.e.s qui ont reçu de l’assurance-emploi qui sont principalement visé.e.s par les remboursements faramineux. Mettez-vous à leur place : que feriez-vous si vous aviez un revenu annuel bien en deçà du seuil de pauvreté et que vous deviez rembourser des dizaines de milliers de dollars parce qu’on vous a mal informé ? » – Samuell Beaudoin. 

Rappelons qu’au plus fort de la pandémie, le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans atteignait 31,4 %, ces derniers travaillant en grande majorité dans le secteur de la restauration et du commerce au détail. Leurs demandes d’assurance-chômage ont été acceptées, sans vérification pour certain.e.s, alors que d’autres ont eu la confirmation qu’ils étaient admissibles au régime par des agent.e.s de Service Canada et ce, même s’ils avaient déclaré être aux études. Pourtant, il existe une présomption de non-disponibilité pour ceux et celles qui étudient à temps plein, ce qui les rend inadmissibles aux prestations selon les critères actuels. 

Au-delà des erreurs commises par Service Canada, qui devrait être tenu responsable de cette confusion, le MASSE s’interroge sur la justesse de la présomption voulant qu’une personne étudiant à temps plein soit considérée d’emblée comme indisponible à travailler. « Heureusement, et comme le démontre une récente décision rendue par la division générale du Tribunal de la sécurité sociale (TSS), cette vieille idée commence tranquillement à être remise en question. » – Kim Bouchard, avocate et présidente du MASSE. 

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Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 16 groupes de défense de droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec.

Pour plus d’informations :

Samuell Beaudoin, responsable à la coordination du MASSE

(514) 524-2226 – masse@lemasse.org

Semaine nationale des chômeurs et chômeuses

À l’origine de la semaine

Le 25 octobre 2005, pour souligner le 70e anniversaire de la marche des chômeur.se.s, le MASSE se rendait à Ottawa pour sommer le premier ministre de l’époque, Paul Martin, de rembourser les 50 milliards de dollars volés aux chômeur.se.s et, ce faisant, d’améliorer l’accès et la couverture du régime d’assurance-chômage. 

Depuis, chaque année, le MASSE souligne du 25 au 31 octobre la semaine nationale des chômeur.se.s afin de dénoncer l’hypocrisie de nos gouvernements lorsqu’ils affirment qu’offrir une pleine protection aux travailleur.se.s qui perdent leur emploi serait trop coûteux.

 

Pas assez d’argent dans la caisse ?

À l’aube d’une réforme du régime d’assurance-chômage dont les modalités doivent encore être précisées, il est nécessaire de déconstruire l’idée selon laquelle cette bonification se réduit à une dépense « trop coûteuse » pour les moyens dont dispose l’État canadien et de mettre l’accent sur les ressources disponibles dans le contexte d’un retour à la mission première du régime d’assurance-chômage. Rappelons, à cet effet, quelques faits.

 

Une réforme du régime c’est vital et c’est possible !

La viabilité financière d’un régime d’assurance-chômage accessible, juste, universel et non-discriminatoire a par ailleurs été démontrée et chiffrée par l’Institut de recherche et d’informations socio économiques (IRIS) dans une recherche parue le 22 octobre dernier. 

Pour prendre connaissance des sommes dont se prive le régime depuis des décennies et du coût estimé pour bonifier le régime d’assurance-chômage, cliquez-ici.

 

 

 

 

 

Consultations 2021 sur l’assurance-chômage : un semblant de démocratie pour justifier l’inaction

7 octobre 2021 (Montréal) –  C’est demain que se terminera la première phase des consultations organisées par le gouvernement fédéral sur la réforme du régime d’assurance-chômage. Le MASSE déplore que ces consultations aient lieu au prix d’un nouveau report de cette réforme vitale pour les chômeur.se.s et estime que l’exercice lui-même est problématique sur plusieurs points. 

Le 19 avril dernier, le gouvernement déposait son budget où il s’engageait à débourser cinq millions de dollars sur deux ans pour mettre en place un processus consultatif en vue d’une réforme éventuelle du régime d’assurance-chômage. Le 9 août 2021, le gouvernement créait un sondage en ligne invitant ainsi les citoyen.ne.s et organismes à « partager leurs idées pour moderniser le régime »

La formule proposée par le gouvernement est révélatrice du bris du dialogue qui a cours depuis les dernières années entre le ministère responsable du dossier de l’assurance-chômage et les groupes de travailleur.se.s et de chômeur.se.s qui et ce n’est pas faute d’avoir essayé ! peinent à se faire entendre directement par la ministre Carla Qualtrough. 

« L’exercice auquel nous convie le gouvernement ne fait qu’augmenter le cynisme à l’endroit de nos institutions, et avec raison. Non seulement il n’y a pas de place pour des échanges véritables, mais la nature même du sondage complique le suivi des opinions formulées et leur prise en considération dans la décision finale. Enfin, il y a lieu de questionner la légitimité du processus en cours au regard des nombreuses questions tendancieuses présentent dans le sondage et de l’absence complète de critères visant à assurer une participation large et représentative de la population ». Samuell Beaudoin, responsable à la coordination du MASSE.  

Enfin, au regard des lacunes importantes de la formule proposée par le gouvernement, le MASSE s’interroge sur l’écoute dont bénéficieront réellement les groupes de travailleur.es.s et de chômeur.se.s lors de la deuxième phase des consultations prévue cet automne. 

« Le gouvernement continue de cultiver un flou autour de cette deuxième phase. Les groupes de travailleur.se.s et de chômeur.se.s auront-ils l’occasion de faire entendre leur voix dans un processus impartial où les termes ne les désavantagent pas déjà à l’avance ? Enfin, les mêmes groupes qui déposent des mémoires et recommandations à chaque année déposeront les mêmes critiques et les mêmes revendications. Que pouvons-nous attendre de différent à l’issue de ce processus ? Le gouvernement n’a-t-il pas pris connaissance du rapport du comité Huma relatant les consultations organisées au printemps 2021 ? ». Samuell Beaudoin.  

Pour le MASSE, une chose est certaine : la mise en place d’un régime d’assurance-chômage accessible, juste, universel et non discriminatoire ne peut plus faire l’objet d’un éternel débat. 

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Pour plus d’informations :

Samuell Beaudoin, responsable à la coordination du MASSE

(514) 524-2226 – masse@lemasse.org

Les vœux pieux ne suffisent plus : l’assurance-chômage doit s’adapter à la réalité de tou.te.s les travailleur.se.s. 

21 septembre 2021 (Montréal) – Le 20 septembre dernier, les canadien.ne.s ont décidé d’élire un gouvernement libéral minoritaire et de donner leur confiance à Justin Trudeau pour un troisième mandat consécutif. Pour l’occasion, le MASSE souhaite rappeler au gouvernement réélu que cette confiance ne peut être tenue pour acquise et que les travailleur.se.s ne se satisferont plus de vœux pieux annoncés en grandes pompes. 

« Alors que le gouvernement libéral multiplie les annonces visant à afficher son progressisme et sa solidarité envers les travailleur.se.s qui perdent leur emploi, nous rappelant la responsabilité indéniable de l’État en matière d’assurance-chômage, il multiplie paradoxalement les excuses pour repousser indéfiniment la réforme en profondeur et permanente du régime. À cet égard, la plateforme libérale est exemplaire. Mais cette stratégie a fait son temps, surtout après 6 ans au pouvoir … », rapporte Samuell  Beaudoin, responsable à la coordination du MASSE. 

Dans sa plateforme électorale, le parti libéral promet de créer une nouvelle prestation pour les travailleur.se.s autonomes et à la demande qui offrirait jusqu’à 26 semaines d’assistance pour un maximum de 15 500 $ dès janvier 2023. Les travailleur.se.s salarié.e.s, qui représentent somme toute 90% de la population active devront, quant-à-eux, se satisfaire d’une énième consultation et d’une refonte complète du système informatique de Service Canada avant de voir (peut-être) leur sort s’améliorer. 

« Non seulement la proposition du parti libéral comporte plusieurs problèmes, mais c’est se mettre des œillères que de penser que la modernisation du régime d’assurance-chômage se limite à la question de l’admissibilité des travailleur.se.s autonomes et à la demande. Le problème de l’admissibilité des travailleur.se.s «faussement autonomes» mérite d’être traitée avec le plus grand sérieux, certes, mais il ne faudrait pas que cela serve à faire un écran de fumée sur les questions de fond qui touchent la majorité des travailleur.se.s. Un régime d’assurance-chômage « digne du 21e siècle » doit aussi et surtout s’adapter à la réalité des femmes sur le marché du travail, à la situation particulière des travailleur.se.s de l’industrie saisonnière, des travailleur.se.s à temps partiel et des personnes malades. » Samuell Beaudoin, responsable à la coordination du MASSE.

Si donc la dernière année fut celle de la reconnaissance des lacunes du régime d’assurance-chômage, le 3e mandat du gouvernement Trudeau devra être celui de l’action et de la mise en place, permanente, d’un régime d’assurance-chômage accessible, juste, universel et non discriminatoire.

À cet effet, des solutions existent. En voici quelques-unes :

1 – Établir un seuil d’admissibilité de 350 heure ou 13 semaines ;

2 – 35 semaines minimum de prestation ;

3 – Un taux d’indemnisation de 70 % ;

4 –  Abolition des exclusions totales en cas de départ volontaire ou inconduite ;

5 – Protection en cas de chômage sans égards aux prestations maternité, paternité ou parental versé ;

6 – Prolongement à 50 le nombre maximal de semaines de prestations maladie.

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Pour plus d’informations, contactez Samuell Beaudoin, responsable à la coordination Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE)

(514) 524-2226 ou à coordination@lemasse.org

L’heure n’est plus aux consultations, ni aux bonnes intentions, mais à l’action.

22 juin 2022 (Montréal) – Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) salue le travail effectué par le comité HUMA qui a produit et déposé, le 17 juin dernier, un ensemble de recommandations émanant de son étude sur la réforme permanente du régime d’assurance-chômage.

Ce rapport nous rappelle qu’une réforme en profondeur du régime ne peut se limiter à la question de l’admissibilité des travailleur.se.s autonomes et à la demande et qu’une « modernisation du régime d’assurance-chômage adaptée à la réalité du 21e siècle » doit s’inscrire dans une perspective d’accessibilité universelle et de lutte contre les discriminations plus large. 

Tous.tes les travailleur.se.s qu’il s’agisse des nouvelles mères, des travailleur.se.s de l’industrie saisonnière, des travailleur.se.s à temps partiel ou des personnes malades ont droit à une protection accessible, juste, universelle et non-discriminatoire lorsqu’ils et elles perdent leur travail. 

Pour ce faire, le gouvernement doit impérativement augmenter le taux et la durée des prestations d’assurance-chômage, établir un seuil d’admissibilité plus bas et universel, prolonger la période de référence des nouvelles mères et des personnes malades ayant bénéficiées de prestations spéciales et mettre en place des mesures soutenues pour éliminer le trou noir. Surtout, de telles améliorations exigent que l’État assume sa pleine responsabilité en matière de chômage et contribue à nouveau au financement du régime.  

Le MASSE tient à souligner que ces revendications sont, pour la plupart, déjà bien connues des élu.e.s fédéraux et sont documentées depuis des décennies par les groupes de défense des droits des chômeur.se.s qui, jours après jours, apportent leur soutien à celles et ceux qui doivent composer avec les différentes lacunes du régime. 

Les travailleur.se.s en situation de chômage ne peuvent plus se contenter de sempiternelles consultations sur la réforme du régime d’assurance-chômage. Ce faisant, le MASSE invite le gouvernement, non pas à « examiner la pertinence » de ces recommandations, mais à réfléchir sans plus attendre à leur mise en œuvre à court-terme.

 Pour consulter le rapport du Comité HUMA cliquez ici.
Pour connaître l’ensemble des revendications du MASSE.

La réforme de l’assurance-chômage : aux grands maux, les petits pansements

11 mai 2021 (Montréal) Dans son dernier budget, le gouvernement fédéral annonçait l’attribution de 5 millions de dollars sur deux ans pour mener des consultations sur une réforme éventuelle du régime d’assurance-chômage. Le message lancé aux chômeur.se.s était on ne peut plus clair : ces dernier.ère.s devront prendre leur mal en patience avant d’avoir accès à un régime juste, universel, équitable et non discriminatoire. 

En date du 9 mai 2021, nous apprenions que le gouvernement fédéral entend mettre à jour l’infrastructure technologique du système de l’assurance-emploi avant même que toutes modifications du programme puissent voir le jour. Rappelons que ces consultations, et les délais prévus pour cette mise à jour technologique, s’ajoutent à des décennies de luttes syndicales et communautaires qui n’ont cessé de rappeler aux gouvernements successifs les importantes lacunes du régime. 

«Il faut noter que cette infrastructure vieillissante, pour reprendre les termes de la ministre Qualtrough, a été pointée du doigt à de nombreuses reprises. Ici, les retards technologiques semblent plutôt être utilisés comme prétexte pour retarder une réforme en profondeur du régime à court terme. On se rappellera d’ailleurs que la technologie désuète du système n’a jamais arrêté les différents gouvernements de mettre en place les contre-réformes des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix visant à réduire l’accès au régime», affirme Kim Bouchard, présidente du MASSE.

En plus d’annoncer un calendrier aussi décevant, le gouvernement nous informe qu’au bout de ce long processus, les chômeur.se.s ne pourront probablement pas voir leurs conditions de vie aller en s’améliorant. En faisant abstraction de la situation particulière des femmes sur le marché du travail, en occultant les particularités de l’emploi saisonnier, en laissant indemne un taux d’indemnisation insultant, la réforme qui se dessine lentement ne permettra pas d’éliminer l’appauvrissement des travailleur.se.s les plus précaires. 

Le MASSE déplore le manque d’ambition du gouvernement et estime qu’un examen approfondi du régime ne peut se limiter à la question de l’admissibilité des travailleur.se.s autonomes et à la demande. Une modernisation du régime d’assurance-chômage adapté à la réalité du 21e siècle doit s’inscrire dans une perspective d’accessibilité universelle et de lutte contre les discriminations beaucoup plus large. 

Les inégalités sont trop criantes et un trop grand nombre de travailleur.se.s salarié.e.s seront encore exclu.e.s du régime si le gouvernement balise la réflexion aux enjeux annoncés dans les derniers jours. 

«La ministre semble oublier que des milliers de travailleur.se.s de l’industrie saisonnière se retrouvent sans revenu pendant plusieurs semaines parce que le nombre de semaines de prestations est insuffisant pour couvrir toute la durée du chômage. Le gouvernement ignore aussi complètement la problématique des nombreux.se.s travailleur.se.s qui ne peuvent tout simplement pas survivre avec 55 % de leur salaire s’ils perdent leur emploi. Enfin, pourquoi ne pas profiter de cette réforme pour mettre fin à la discrimination injustifiée du régime à l’égard des femmes?». — Samuell S. Beaudoin, coordonnatrice du MASSE.

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 15 groupes de défense de droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec.

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Pour plus d’informations : 

Samuell S. Beaudoin, coordonnatrice du MASSE, (514) 524-2226

L’amélioration du sort des travailleuses et travailleurs ne peut pas attendre

(1er mai 2021) Depuis un peu plus d’un siècle, travailleuses et travailleurs commémorent, à l’occasion du 1er mai, les luttes ouvrières actuelles et passées pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de leurs conditions de vie. 

Pour une deuxième année consécutive, la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs se déroule sur fond de crise sociale, économique et sanitaire. 

Alors que nos gouvernements font miroiter une « sortie de crise » et une relance économique « résiliente et inclusive », ils nous informent, à coup de loi spéciale et de « modernisation » du régime de santé et sécurité au travail, que la relance économique se fera obligatoirement au détriment des travailleuses et travailleurs.

L’écart décevant entre les promesses gouvernementales et la réalité a été à nouveau confirmée avec le dépôt du dernier budget fédéral le 19 avril dernier. Ratant une occasion sans précédent, le gouvernement libéral échoue à amorcer une transformation en profondeur d’un modèle économique désuet et non viable pour les travailleuses et travailleurs. 

Alors que Justin Trudeau martèle qu’il entend gouverner en faveur « de la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour en faire partie », ce dernier abdique à nouveau devant toute initiative sérieuse visant à éliminer l’évasion fiscale et à taxer équitablement les grandes fortunes. 

Résultat, il semblerait que la réforme permanente du régime d’assurance-chômage devra être remise à plus tard. Devant des problèmes persistants, le gouvernement offre des solutions temporaires et justifie son absence de plan d’ensemble sous le couvert de nouvelles consultations à venir. Pendant ce temps, on demande aux travailleuses et travailleurs en situation de chômage de prendre leur mal en patience.

En cette journée internationale des travailleuses et travailleurs, rappelons à nos gouvernements que nous n’attendrons pas davantage. Les travailleuses et travailleurs n’abdiqueront pas devant les reculs des droits des personnes accidentées, devant l’exploitation des travailleur.se.s au statut migratoire précaire et les loyers qui explosent, devant des conditions de travail qui rendent malade et une hausse insultante du salaire minimum, mais surtout devant ce régime d’assurance-chômage qui peine à offrir une protection juste et équitable aux travailleuses et travailleurs qui perdent leur emploi.

Lutte toujours!

 

Budget 2021-2022 : Un sursis pour les sans-emploi

19 avril (Montréal) Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) salue les investissements à l’assurance-chômage annoncés dans le dernier budget fédéral.  Ces annonces constituent une bonne nouvelle pour les travailleur.se.s à temps partiel, pour les travailleur.se.s de l’industrie saisonnière ainsi que pour les travailleur.se.s malades.

Tout d’abord, l’établissement d’un seuil d’admissibilité universel à 420 heures est un pas dans la bonne direction et facilitera l’accès à une protection en cas de chômage à bon nombre de travailleur.se.s précaires sans référence arbitraire aux taux de chômage de la région habitée. Bien que cette mesure favorise directement l’accès aux prestations d’assurance-chômage pour bien des gens, la durée des semaines de prestations, elle, est toujours tributaire du taux de chômage régional et du nombre d’heures travaillées. 

Pour le MASSE, le régime d’assurance-chômage continue donc à précariser les travailleur.se.s déjà précaires, en majorité des femmes. « La situation des travailleuses à temps partiel qui doivent travailler plus de semaines pour obtenir le même nombre d’heures et la même protection que les personnes à temps plein n’est toujours pas prise en compte.  Les iniquités entre les genres en fonction du statut d’emploi au sein du régime d’assurance-chômage sont bien documentées et le MASSE compte bien continuer de dénoncer  le caractère discriminatoire du régime envers les femmes qui, notons-le, ont été davantage touchées par la pandémie » affirme Kim Bouchard, présidente du MASSE

Par ailleurs, l’augmentation des prestations maladies, qui passent de 15 à 26 semaines, fait sans conteste partie des éléments louables de ce budget et ce, tant et aussi longtemps qu’il n’affecte pas l’accès et la qualité des prestations régulières d’assurance-chômage. Le MASSE juge toutefois qu’un nombre minimal de 50 semaines serait nécessaire pour assurer aux personnes atteintes d’une maladie grave une protection juste et adéquate. 

Le MASSE accueille aussi favorablement la prolongation des programmes d’aide temporaire et le renouvellement du projet pilote de cinq semaines supplémentaires pour les salarié.es de l’industrie saisonnière. Le MASSE croit néanmoins qu’une protection supplémentaire de 15 semaines devrait être accordée aux chômeur.se.s qui occupaient un emploi saisonnier en attendant qu’un plancher minimum de 35 semaines de prestations soit établi. 

Si les mesures annoncées dans le budget doivent être applaudies, on est cependant bien loin de la réforme en profondeur annoncée par le gouvernement Trudeau à l’automne 2020. Il est important de rappeler que l’accès au régime d’assurance-chômage a été considérablement réduit au cours des dernières décennies et il faut évaluer les mesures contenues dans ce budget à l’aune de ce contexte : celles-ci constituent l’amorce, et non l’achèvement, d’un rattrapage qui devra se montrer beaucoup plus ambitieux si le gouvernement est sérieux dans sa volonté d’adapter le régime à la réalité du 21e siècle.

Bien que des sommes soient prévues pour mener des consultations en vue d’une réforme permanente du régime, nous déplorons qu’elles aient lieu au prix d’un nouveau report de cette réforme dont la nécessité a été maintes fois prouvée aux cours des dernières années. 

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 15 groupes de défense de droits au Québec et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec. Le MASSE milite depuis plus de vingt ans pour un régime d’assurance-chômage accessible, juste, universelle et non-discriminatoire.

 

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Pour plus d’informations : 

Kim Bouchard, Présidente du MASSE (514) 524-2226