Prolongation de la PCU : quel avenir pour les chômeurs et chômeuses après l’été 2020 ?

Montréal, mardi 17 juin 2020 – En date du 16 juin 2020, le gouvernement Trudeau a annoncé la prolongation de huit semaines supplémentaires de la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) salue cette décision qui permettra, à tout le moins, de soutenir de nombreux-ses travailleur-se-s durant la saison estivale.

Selon Sylvain Lafrenière, coordonnateur du MASSE, « la prolongation de la PCU s’imposait comme un incontournable dans un contexte où la crise et ses effets sur l’économie sont loin d’être résorbés ». Faut-il rappeler à cet effet que les répercussions économiques de la pandémie ont été ressenties de manière disproportionnée par les femmes et les travailleur-se-s à faible revenu, plus nombreux-ses à perdre leur emploi et à ne pas pouvoir encore effectuer un retour au travail.

« Il est temps de mettre en place des mesures plus structurantes, nuance toutefois Sylvain Lafrenière. On ne peut que rester perplexes quant à l’absence de mesures qui visent à offrir aux chômeurs et chômeuses un soutien de revenu juste et universel au-delà de l’été 2020 ».

Le MASSE demande que la PCU soit prolongée « sans restriction » pour 16 semaines supplémentaires. « En imposant l’obligation à un-e prestataire d’effectuer un retour au travail ou d’accepter un emploi « s’il est raisonnable de le faire », les prestataires s’exposent à des délais de traitement de leurs demandes qui sont, quant-à-eux, loin d’être raisonnables », estime Sylvain Lafrenière. C’est pourquoi le programme de la Prestation canadienne d’urgence doit aussi rester conforme à sa vocation première et demeurer la plus simple possible.

Attestant de l’incapacité de Service Canada à répondre rapidement aux besoins et concédant par la même occasion que le régime d’assurance-emploi est un « filet un peu trop percé », le gouvernement fédéral s’est vu obligé, à la mi-mars dernier, de créer une prestation d’urgence sur mesure pour les millions de personnes touchées par les mises à pied massives et les diminutions d’heures de travail.

Le gouvernement n’a pas prolongé la Prestation canadienne d’urgence parce qu’il est trop généreux, mais parce qu’il existe de profondes lacunes au régime d’assurance-emploi existant qui doit, plus que jamais, être réformé.

Par conséquent, le MASSE recommande fortement au gouvernement de rétablir l’accès et d’améliorer la protection offerte par notre régime d’assurance-chômage, amélioration qui passe notamment par l’établissement d’un seuil d’admissibilité universel fixé à 350 heures ou 12 semaines, un taux de prestations d’au moins 70% basé sur les 12 meilleures semaines de travail et un plancher minimum de 35 semaines de prestations.

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 14 groupes de défense des droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec.

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Pour plus d’informations : Sylvains Lafrenière, coordonnateur du MASSE, (514) 524-2226