L’accessibilité universelle à l’assurance-chômage : au-delà de la bonification des prestations maladie

MONTRÉAL, 2 mars 2020 – Le MASSE accueille favorablement le projet de loi C-217 déposé par la députée de Salaberry-Suroît visant à faire passer de quinze à cinquante le nombre maximal de semaines pendant lesquelles des prestations d’assurance-chômage peuvent être versées dans le cas d’une maladie, d’une blessure ou d’une mise en quarantaine. Une telle mesure nous apparaît pleinement justifiée considérant la gravité de certaines maladies.

Dans l’éventualité que ce projet de loi soit adopté, le MASSE demande toutefois que les député.e.s collaborent avec les différents intervenants du milieu et réfléchissent aux modalités de cette prolongation de manière à ce qu’elle n’affecte pas  l’accès des cotisant.e.s aux prestations régulières d’assurance-chômage qui représentent le cœur du régime.

Rappelons que les réformes opérées dans les années 1990 par les Conservateurs et les Libéraux ont drastiquement fait chuter l’admissibilité au régime d’assurance-chômage ainsi que la durée des prestations régulières. Encore aujourd’hui les gens peinent à se qualifier. Pour l’année 2018, le taux d’admissibilité pour les prestations régulières d’assurance-chômage était de 45,6 % pour les hommes et atteignait 37,4 % pour les femmes. Devant ce constat, le MASSE déplore le caractère discriminatoire des critères d’admissibilités aux prestations régulières et s’inquiète du faible accès global des chômeurs et chômeuses à ce type de prestation.

Ainsi, bien qu’il accueille toute bonification des prestations spéciales du régime d’assurance-chômage, le MASSE estime qu’il est bon de rappeler que ces améliorations doivent s’inscrire dans une vision d’ensemble du régime. « Au-delà des mesures de bonification à la pièce, estime Sylvain Lafrenière du MASSE, il serait grand temps d’effectuer une réflexion en profondeur des finalités du régime d’assurance-chômage qui inclurait notamment les dispositions suivantes » :

1. Donner accès aux prestations régulières en cas de chômage, sans égard aux prestations de maternité/parentales/paternité et maladie versées
2. Abaisser le seuil d’admissibilité à 350 heures ou à 13 semaines
3. Établir un seuil minimal de 35 semaines de prestations régulières

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi croit que ces mesures permettraient d’assurer l’accessibilité du régime d’assurance-emploi aux travailleur.se.s précaires, d’éliminer son caractère discriminatoire envers les femmes et de remédier au problème du trou noir rencontré par les travailleur.se.s des industries saisonnières.

Pour plus d’informations :
Sylvains Lafrenière, porte-parole du MASSE, (514) 524-2226
Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 14 groupes de défense des droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec

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