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Assurance-emploi bonifiée : les chômeur.se.s rassuré.e.s, mais pour combien de temps ? 

(Montréal) 27 septembre 2020 – À compter d’aujourd’hui, près de trois millions de prestataires de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) seront redirigé.e.s vers un système d’assurance-emploi bonifié dont l’accès a été temporairement élargi afin d’accueillir les nouveaux.elles chômeur.se.s de la Covid-19.

Les améliorations apportées au régime d’assurance-chômage constituent une avancée importante en matière de reconnaissance des droits des chômeur.se.s. En effet, les prestations d’assurance-emploi seront accessibles après seulement 120 heures travaillées, quel que soit le taux de chômage dans la région habitée. Les chômeur.se.s pourront également recevoir un minimum de 500 dollars par semaine, pendant un minimum de 26 semaines.

Le MASSE tient à rappeler que sans ces améliorations, deux millions de prestataires de la PCU – dont 400 000 Québécois.e.s se seraient aujourd’hui retrouvé.e.s sans revenu, alors que 750 000 autres auraient vu leurs revenus diminuer de manière considérable

C’est dire que le gouvernement n’a pas bonifié temporairement le régime parce qu’il est trop généreux, mais parce qu’il existe de profondes lacunes au régime d’assurance-emploi existant qui doit, plus que jamais, être réformé. 

Des mesures temporaires 

Le MASSE rappelle que ces assouplissements des critères d’admissibilité, bien qu’ils soient un pas dans la bonne direction, suspendent seulement temporairement les multiples injustices du régime d’assurance-chômage.

« Les problèmes sont connus depuis longtemps. Il faut que le gouvernement cesse de mettre en place des mesures temporaires et entame dès maintenant, en collaboration avec les différent.e.s acteur.trice.s du milieu, un travail visant à réformer de manière permanente le régime », affirme Sylvain Lafrenière, coordonnateur du MASSE. 

« Quand est-ce que le gouvernement décidera de s’attaquer sérieusement au problème du trou noir vécu par les travailleur.se.s de l’industrie saisonnière, de mettre un terme à la discrimination injustifée du régime à l’égard des femmes et de contrer la faible accessibilité des travailleur.se.s. à temps partiels aux prestations d’assurance-chômage ? »,  demande Kim Bouchard, présidente du MASSE. 

Lorsque le gouvernement fédéral annonce ses intentions d’adapter le régime d’assurance-emploi à la réalité du 21e siècle, et ce, sans apporter davantage d’éclaircissements sur la manière dont il s’y prendra, il ne fait qu’alimenter le climat d’incertitude auquel sont déjà confrontés depuis plusieurs mois des millions de chômeur.se.s.

« Cette inquiétude est actuellement extrêmement palpable chez les prestataires de la PCU qui ne remplissent pas les critères d’admissibilité de l’assurance-emploi et qui ne savent toujours pas quand le projet de loi C-2, qui permettra d’instaurer les prestations pour le relance économique (PCRE), sera adopté », explique Sylvain Lafrenière. 

Participe de cette inquiétude les nombreuses zones grises concernant le remboursement des sommes payées en trop, le manque d’informations claires quant aux démarches à suivre pour déposer une demande, sans parler des délais qui seront occasionnés par le traitement des renseignements supplémentaires que devront fournir les chômeur.se.s pour percevoir les prestations.

Mettons fin aux confusions et à l’insécurité généralisée. Dotons-nous, une fois pour toute, d’un régime d’assurance-chômage juste et universel.

 Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 15 groupes de défense de droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec.

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 Pour plus d’informations : 

Sylvains Lafrenière, coordonnateur du MASSE, (514) 524-2226

 

Discours du Trône : plus de questions que de réponses en ce qui concerne le soutien aux chômeur.se.s

Montréal, 23 septembre 2020 – La réalité a peut-être changé, mais la posture du gouvernement libéral à l’égard des chômeurs et chômeuses demeure la même.

Malheureusement, plutôt que d’apporter les éclaircissements nécessaires afin de rassurer les chômeurs et chômeuses sur leur avenir, le gouvernement continue de cultiver le flou quant à la manière dont il se prendra pour adapter le régime d’assurance-emploi à la “réalité du 21e siècle”. 

Certes, on pourra aisément convenir qu’il est plus que temps d’adapter le régime d’assurance-chômage à la nouvelle réalité du monde du travail. On pourra également tous et toutes convenir que les travailleur.se.s autonomes et les personnes qui travaillent dans l’économie de la demande devraient avoir droit à une protection en cas de chômage. Mais au-delà de ces questions de principe, encore faut-il préciser les moyens qui seront pris pour les mettre en œuvre. 

À ce sujet, trop de questions demeurent en suspens, et ce alors même que le gouvernement annonce des mesures concrètes pour favoriser le retour à l’emploi, notamment en prolongeant de un an la subvention salariale pour les entreprises.

Quand est-ce que le gouvernement entend-t-il mettre en place des mesures permanentes visant à éliminer les trop nombreuses lacunes du régime d’assurance-chômage existant ? Les femmes, les travailleur.se.s de l’industrie saisonnière, les travailleur.se.s à temps partiels peuvent-ils espérer à court-moyen terme une refonte du régime d’assurance-emploi plus juste et plus accessible ? 

Enfin, à quoi peuvent s’attendre, le 27 septembre prochain, les chômeur.se.s qui ne sont pas admissibles au régime d’assurance-emploi bonifié et dont le seul revenu potentiel dépend d’une loi qui n’a toujours pas été déposée en Chambre et dont l’adoption telle qu’elle n’est pas garantie. 

Le gouvernement doit cesser de croire que les bonnes intentions suffisent pour faire face aux défis de taille qui attendent les chômeurs et chômeuses au cours des prochains mois. 

 

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 15 groupes de défense de droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec.

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Pour plus d’informations : Sylvains Lafrenière, coordonnateur du MASSE, (514) 524-2226

 

 

Prolongation de la PCU : quel avenir pour les chômeurs et chômeuses après l’été 2020 ?

Montréal, mardi 17 juin 2020 – En date du 16 juin 2020, le gouvernement Trudeau a annoncé la prolongation de huit semaines supplémentaires de la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) salue cette décision qui permettra, à tout le moins, de soutenir de nombreux-ses travailleur-se-s durant la saison estivale.

Selon Sylvain Lafrenière, coordonnateur du MASSE, « la prolongation de la PCU s’imposait comme un incontournable dans un contexte où la crise et ses effets sur l’économie sont loin d’être résorbés ». Faut-il rappeler à cet effet que les répercussions économiques de la pandémie ont été ressenties de manière disproportionnée par les femmes et les travailleur-se-s à faible revenu, plus nombreux-ses à perdre leur emploi et à ne pas pouvoir encore effectuer un retour au travail.

« Il est temps de mettre en place des mesures plus structurantes, nuance toutefois Sylvain Lafrenière. On ne peut que rester perplexes quant à l’absence de mesures qui visent à offrir aux chômeurs et chômeuses un soutien de revenu juste et universel au-delà de l’été 2020 ».

Le MASSE demande que la PCU soit prolongée « sans restriction » pour 16 semaines supplémentaires. « En imposant l’obligation à un-e prestataire d’effectuer un retour au travail ou d’accepter un emploi « s’il est raisonnable de le faire », les prestataires s’exposent à des délais de traitement de leurs demandes qui sont, quant-à-eux, loin d’être raisonnables », estime Sylvain Lafrenière. C’est pourquoi le programme de la Prestation canadienne d’urgence doit aussi rester conforme à sa vocation première et demeurer la plus simple possible.

Attestant de l’incapacité de Service Canada à répondre rapidement aux besoins et concédant par la même occasion que le régime d’assurance-emploi est un « filet un peu trop percé », le gouvernement fédéral s’est vu obligé, à la mi-mars dernier, de créer une prestation d’urgence sur mesure pour les millions de personnes touchées par les mises à pied massives et les diminutions d’heures de travail.

Le gouvernement n’a pas prolongé la Prestation canadienne d’urgence parce qu’il est trop généreux, mais parce qu’il existe de profondes lacunes au régime d’assurance-emploi existant qui doit, plus que jamais, être réformé.

Par conséquent, le MASSE recommande fortement au gouvernement de rétablir l’accès et d’améliorer la protection offerte par notre régime d’assurance-chômage, amélioration qui passe notamment par l’établissement d’un seuil d’admissibilité universel fixé à 350 heures ou 12 semaines, un taux de prestations d’au moins 70% basé sur les 12 meilleures semaines de travail et un plancher minimum de 35 semaines de prestations.

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 14 groupes de défense des droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec.

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Pour plus d’informations : Sylvains Lafrenière, coordonnateur du MASSE, (514) 524-2226