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Lancement de la campagne De travailleuses à chômeuses, même injustice, même combat!

Montréal, le lundi 22 octobre 2018 – Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE), le Mouvement Action-Chômage de Montréal et le Comité Chômage de l’Est de Montréal convient les médias et la population à la Coop Les récoltes ce soir, pour un 5@7 soulignant le lancement de sa campagne De travailleuses à chômeuses, même injustice, même combat! qui vise à défendre l’accessibilité à l’assurance-chômage dans une perspective féministe.

 

« Seulement 35,2% des chômeuses sont admissibles aux prestations régulières d’assurance-emploi, comparativement à 52,5% des chômeurs. De plus, de par la nature des emplois qu’elles occupent – précaires, sous-rémunérés, à temps-partiel – les femmes reçoivent souvent des indemnités moindres et sur une moins longue période que leurs collègues masculins, explique Mme Kim Bouchard, présidente du MASSE et avocate au Mouvement action chômage de Montréal. En échouant ainsi à prendre en considération la réalité différente des femmes et des hommes, l’assurance-emploi contribue à creuser les inégalités entre les sexes ». Une situation inacceptable qui se trouve exacerbée dans le cas de femmes perdant leur travail durant leur congé de maternité et de parentalité ou peu de temps après la fin de celui-ci et qui ne peuvent se prévaloir des prestations d’assurance-emploi pour lesquelles elles ont pourtant cotisé.

 

Devant ces constats, le MASSE, appuyé par plus de soixante-dix organismes nationaux, régionaux et locaux, entreprend la campagne De travailleuses à chômeuses, même injustice, même combat! avec un double objectif. L’organisme entend d’une part outiller la population à comprendre les rouages de cette loi complexe afin de mieux défendre ses droits et, d’autre part, faire valoir auprès des élu·e·s fédéraux – à travers une pétition et différentes actions régionales et nationales -, les inégalités découlant de la Loi sur l’assurance-emploià laquelle des changements précis sont demandés pour contrer l’appauvrissement des femmes.

 

« Il est temps de rappeler aux libéraux leurs engagements en matière d’accessibilité au chômage, conclue Mme Véronique Martineau, porte-parole du MASSE. Le premier ministre Justin Trudeau a bénéficié d’un capital de sympathie découlant de ses prises de positions ‘‘féministes’’ et notre campagne l’exhorte à maintenant joindre la parole aux actes et à effectuer des modifications substantielles au régime d’assurance-chômage d’ici les prochaines élections fédérales ».

 

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 13 groupes de défense des droits et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec. La campagne « De travailleuses à chômeuses, même injustice, même combat! » se poursuivra jusqu’au printemps 2019. Le lancement de la campagne s’inscrit dans le cadre de la semaine nationale de l’action communautaire autonome et de la Semaine nationale des chômeurs et chômeuses.

Que faire si je perds mon emploi pendant un congé maternité/parental?

Si vous êtes dans cette situation, sachez qu’actuellement, vous serez exclues en tout ou en partie du bénéfice des prestations régulières prévues par la Loi sur l’Assurance-Emploi.

Toutefois, afin de contester la nature discriminatoire des dispositions de la Loi, vous devez :

1-      Déposer une DEMANDE DE PRESTATIONS RÉGULIÈRES D’ASSURANCE-EMPLOI.

2-      Suite au refus de vous verser des prestations régulières, vous devez déposer une DEMANDE DE RÉVISION d’une décision d’assurance-emploi.

–          Pour ce faire, vous pouvez consulter un groupe défense des droits des chômeuses et chômeurs. (mettre l’hyperlien vers nos groupes)

–          Ou, vous pouvez compléter la demande de révision seule et indiquer sur le formulaire à la PARTIE 3 : RAISON POUR LA DEMANDE DE RÉVISION : « Nous savons que la Commission maintiendra la décision rendue initialement le xx xxx 2018 et refusera d’accorder le bénéfice des prestations régulières à la prestataire puisque celle-ci n’a pas accumulé suffisamment d’heures assurables durant sa période de référence puisque celle-ci recevait des prestations en vertu du Régime québécois d’assurance-parentale. Toutefois, nous croyons que toutes les travailleuses ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute absence liée à la grossesse, à la maternité et aux congés parentaux, conformément au paragraphe 15(1) de la Charte canadienne des droits et libertés. »

3-      Suite au maintien de la décision initiale, vous pourrez alors entreprendre les démarches afin de faire une contestation constitutionnelle auprès de la division générale du Tribunal de la sécurité sociale

–          À ce moment, nous vous conseillons fortement de consulter un groupe de défense des droits des chômeuses et chômeurs. (mettre l’hyperlien vers nos groupes)

 

 

Le « trou noir » de l’assurance-emploi : Des mesures de soutien de revenu plutôt obscures!

Montréal, le 30 avril 2018. – À ce jour, les travailleurs et travailleuses de l’industrie saisonnière du Québec souhaitant se prévaloir des mesures d’aide annoncées lors du dernier budget fédéral pour pallier au trou noir, c’est-à-dire à la période où ils ont épuisé l’ensemble de leurs prestations d’assurance-chômage avant que leur travail ait recommencé, se butent à un manque d’information et à des programmes provinciaux inadaptés ou carrément inexistants.

Lors du dépôt du budget, le 27 février dernier, le gouvernement annonçait que « (…) Emploi et Développement social Canada réaffectera un montant de 10 millions de dollars (6,5 millions pour le Québec) à même les ressources ministérielles existantes dans le but d’offrir immédiatement un soutien du revenu et une formation aux travailleurs touchés. Ces mesures contribueront à faire en sorte que les travailleurs en chômage des industries saisonnières du Canada aient accès aux mesures de soutien dont ils auront besoin, quand ils en auront le plus besoin. » (page 64 du budget)

Malgré cette annonce, ce n’est que le 23 mars, que nous apprenions que les gouvernements fédéral et québécois s’étaient enfin entendus afin de mettre en place ces mesures d’aide. Toutefois, plusieurs semaines se sont écoulées avant de savoir en quoi consiste ces mesures, comment en bénéficier et qui pouvait en faire la demande. Notons qu’aucun renseignement n’apparaît sur le site Internet du gouvernement du Québec ou celui de Service Canada expliquant clairement les mesures disponibles pour les chômeurs et chômeuses victimes du trou noir.

Sur le terrain, Gaétan Cousineau, porte-parole du Mouvement action chômage Pabok, rapporte que des chômeurs des Îles-de-la-Madeleine sont allés dans leur Centre local d’emploi (« CLÉ ») pour avoir accès à ces mesures et ils ont appris qu’aucune mesure n’était disponible parce qu’il n’y avait pas assez de personnes inscrites. Pourtant, le gouvernement provincial a promis de venir en aide aux personnes qui viendraient les voir dans leur CLÉ et de leur offrir du soutien financier en attendant que des formations ou mesures soient disponibles.

Pour ce qui est du Bas-St-Laurent, il n’existe actuellement aucun programme de mise en place et on dirige les victimes du trou noir vers l’aide sociale. « Ce n’est pas de l’aide sociale que les gens ont besoin, c’est du soutien financier avant qu’ils recommencent leur emploi. Justin Trudeau s’est fait élire dans l’Est du Canada en promettant de régler le problème du trou noir. Pourtant en 35 ans comme intervenant dans un groupe de chômeurs, je n’ai jamais vu une situation aussi dramatique et selon les travailleurs du Bas St-Laurent, les libéraux les laissent crever! », s’indigne Alain Lagacé, coordonnateur d’Action-chômage Kamouraska.

Selon Véronique Martineau, porte-parole du MASSE, les solutions sont simples, « offrir de l’aide financière d’urgence aux victimes du trou noir, abaisser le seuil d’admissibilité à l’assurance-chômage à 350 heures ou 13 semaines et offrir minimalement 35 semaines de prestations ».

Madame Martineau rappelle au ministre Blais que l’Assemblée nationale du Québec a adopté en novembre dernier une motion unanime demandant au gouvernement fédéral de revoir sa façon de calculer les prestations de l’assurance-emploi afin de mieux répondre aux besoins des travailleurs et travailleuses qui occupent un emploi saisonnier.

« Les victimes du trou noir ont besoin d’argent en ce moment! Des centaines de travailleuses et travailleurs saisonniers se retrouvent sans chèque. Ils ont faim. Ils sont angoissés. Ils se sont endettés pour survivre! C’est un choix idéologique du gouvernement libéral de rendre conditionnel l’obtention d’aide à l’obligation de suivre des formations. Nous avons demandé au gouvernement fédéral de mettre en place des mesures urgentes pour leur venir en aide. Malheureusement, ils ont décidé de pelleter le problème du trou noir aux provinces, tandis qu’ils existaient des solutions à court et moyen terme. », Véronique Martineau, porte-parole du MASSE.

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) est le plus important regroupement d’organismes défendant les droits des chômeurs et chômeuses du Québec. Ses groupes membres militent pour le rétablissement d’un régime d’assurance-chômage juste et universel.

Pour plus d’informations :
Véronique Martineau, porte-parole du MASSE, (514) 524-2226
Gaétan Cousineau, porte-parole du Mouvement action chômage Pabok en Gaspésie, 418-689-2030
Alain Lagacé, coordonateur d’Action-chômage Kamouraska, 418-492-7494