L’amélioration du sort des travailleuses et travailleurs ne peut pas attendre

(1er mai 2021) Depuis un peu plus d’un siècle, travailleuses et travailleurs commémorent, à l’occasion du 1er mai, les luttes ouvrières actuelles et passées pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de leurs conditions de vie. 

Pour une deuxième année consécutive, la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs se déroule sur fond de crise sociale, économique et sanitaire. 

Alors que nos gouvernements font miroiter une « sortie de crise » et une relance économique « résiliente et inclusive », ils nous informent, à coup de loi spéciale et de « modernisation » du régime de santé et sécurité au travail, que la relance économique se fera obligatoirement au détriment des travailleuses et travailleurs.

L’écart décevant entre les promesses gouvernementales et la réalité a été à nouveau confirmée avec le dépôt du dernier budget fédéral le 19 avril dernier. Ratant une occasion sans précédent, le gouvernement libéral échoue à amorcer une transformation en profondeur d’un modèle économique désuet et non viable pour les travailleuses et travailleurs. 

Alors que Justin Trudeau martèle qu’il entend gouverner en faveur « de la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour en faire partie », ce dernier abdique à nouveau devant toute initiative sérieuse visant à éliminer l’évasion fiscale et à taxer équitablement les grandes fortunes. 

Résultat, il semblerait que la réforme permanente du régime d’assurance-chômage devra être remise à plus tard. Devant des problèmes persistants, le gouvernement offre des solutions temporaires et justifie son absence de plan d’ensemble sous le couvert de nouvelles consultations à venir. Pendant ce temps, on demande aux travailleuses et travailleurs en situation de chômage de prendre leur mal en patience.

En cette journée internationale des travailleuses et travailleurs, rappelons à nos gouvernements que nous n’attendrons pas davantage. Les travailleuses et travailleurs n’abdiqueront pas devant les reculs des droits des personnes accidentées, devant l’exploitation des travailleur.se.s au statut migratoire précaire et les loyers qui explosent, devant des conditions de travail qui rendent malade et une hausse insultante du salaire minimum, mais surtout devant ce régime d’assurance-chômage qui peine à offrir une protection juste et équitable aux travailleuses et travailleurs qui perdent leur emploi.

Lutte toujours!

 

Budget 2021-2022 : Un sursis pour les sans-emploi

19 avril (Montréal) Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) salue les investissements à l’assurance-chômage annoncés dans le dernier budget fédéral.  Ces annonces constituent une bonne nouvelle pour les travailleur.se.s à temps partiel, pour les travailleur.se.s de l’industrie saisonnière ainsi que pour les travailleur.se.s malades.

Tout d’abord, l’établissement d’un seuil d’admissibilité universel à 420 heures est un pas dans la bonne direction et facilitera l’accès à une protection en cas de chômage à bon nombre de travailleur.se.s précaires sans référence arbitraire aux taux de chômage de la région habitée. Bien que cette mesure favorise directement l’accès aux prestations d’assurance-chômage pour bien des gens, la durée des semaines de prestations, elle, est toujours tributaire du taux de chômage régional et du nombre d’heures travaillées. 

Pour le MASSE, le régime d’assurance-chômage continue donc à précariser les travailleur.se.s déjà précaires, en majorité des femmes. « La situation des travailleuses à temps partiel qui doivent travailler plus de semaines pour obtenir le même nombre d’heures et la même protection que les personnes à temps plein n’est toujours pas prise en compte.  Les iniquités entre les genres en fonction du statut d’emploi au sein du régime d’assurance-chômage sont bien documentées et le MASSE compte bien continuer de dénoncer  le caractère discriminatoire du régime envers les femmes qui, notons-le, ont été davantage touchées par la pandémie » affirme Kim Bouchard, présidente du MASSE

Par ailleurs, l’augmentation des prestations maladies, qui passent de 15 à 26 semaines, fait sans conteste partie des éléments louables de ce budget et ce, tant et aussi longtemps qu’il n’affecte pas l’accès et la qualité des prestations régulières d’assurance-chômage. Le MASSE juge toutefois qu’un nombre minimal de 50 semaines serait nécessaire pour assurer aux personnes atteintes d’une maladie grave une protection juste et adéquate. 

Le MASSE accueille aussi favorablement la prolongation des programmes d’aide temporaire et le renouvellement du projet pilote de cinq semaines supplémentaires pour les salarié.es de l’industrie saisonnière. Le MASSE croit néanmoins qu’une protection supplémentaire de 15 semaines devrait être accordée aux chômeur.se.s qui occupaient un emploi saisonnier en attendant qu’un plancher minimum de 35 semaines de prestations soit établi. 

Si les mesures annoncées dans le budget doivent être applaudies, on est cependant bien loin de la réforme en profondeur annoncée par le gouvernement Trudeau à l’automne 2020. Il est important de rappeler que l’accès au régime d’assurance-chômage a été considérablement réduit au cours des dernières décennies et il faut évaluer les mesures contenues dans ce budget à l’aune de ce contexte : celles-ci constituent l’amorce, et non l’achèvement, d’un rattrapage qui devra se montrer beaucoup plus ambitieux si le gouvernement est sérieux dans sa volonté d’adapter le régime à la réalité du 21e siècle.

Bien que des sommes soient prévues pour mener des consultations en vue d’une réforme permanente du régime, nous déplorons qu’elles aient lieu au prix d’un nouveau report de cette réforme dont la nécessité a été maintes fois prouvée aux cours des dernières années. 

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) rassemble 15 groupes de défense de droits au Québec et constitue le plus important regroupement de chômeurs et chômeuses au Québec. Le MASSE milite depuis plus de vingt ans pour un régime d’assurance-chômage accessible, juste, universelle et non-discriminatoire.

 

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Pour plus d’informations : 

Kim Bouchard, Présidente du MASSE (514) 524-2226

Combattre les préjugés à l’égard des chômeur.se.s. Un nouvel outil maintenant disponible !

8 avril 2021 – Dans le cadre de la campagne « Améliorer notre sort, c’est vital. Une réforme du régime d’assurance-chômage s’impose », le MASSE souhaitait fournir aux travailleur.se.s en situation de chômage des outils pour combattre les préjugés à leur égard.

Le MASSE met également à la disposition des organismes intéressés différents outils d’animation qui visent à faciliter la tenue d’ateliers portant sur le régime d’assurance-chômage existant, les luttes en cours et la démystification des différents préjugés qui touchent le chômage.

Pour plus d’informations, contactez le masse@lemasse.org. Cessons de faire porter le fardeau du chômage aux chômeur.se.s et exigeons la mise en place, une fois pour toute, d’un régime d’assurance-chômage accessible, juste, universel et non-discriminatoire.

Petit Guide d’autodéfense contre les préjugés à l’égard des chômeur.se.s

Document à remettre aux participant.e.s de l’atelier

 

Guide d’animation contre les préjugés

Document à utiliser de manière complémentaire avec le Power Point.

Version abrégée – Guide d’animation contre les préjugés

 

Powerpoint.Combattre les préjugés (MASSE)

Document à utiliser de manière complémentaire avec le guide d’animation.

v.abrégée – Combattre les préjugés (MASSE)

 

Guide d’animation – annexes